À partir de septembre 2026, la facturation électronique deviendra progressivement obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA en France. Cette réforme implique de nouvelles pratiques et l’adoption de solutions numériques pour émettre, recevoir et transmettre des factures. Mais comment fonctionne concrètement le système d’e-invoicing français et quels acteurs sont impliqués dans ce processus ? Nous allons voir cela ensemble dans cet article !
Architecture du système e-invoicing français
Le système français repose sur un schéma de facturation électronique en Y, relayé par des plateformes certifiées. Chaque flux de facture électronique suit un parcours défini, garantissant sécurité, fiabilité et conformité fiscale. L’architecture se compose de trois éléments clés.
1- La création de la facture
L’entreprise émet la facture depuis sa plateforme de facturation, qui peut être une plateforme agréée (PA) ou une solution compatible (SC). La facture doit être structurée dans un format reconnu par l’administration fiscale, comme Factur-X, UBL ou CII, afin d’être automatiquement traitée par les systèmes comptables et fiscaux.
2- La transmission via les plateformes
Une fois créée, la facture est transmise au destinataire par l’intermédiaire d’une PA. Si l’entreprise utilise une SC, celle-ci relaie la facture à la PA, qui se charge ensuite de la rendre accessible au client. Ce processus remplace l’envoi traditionnel par PDF ou papier et garantit que chaque étape est horodatée et tracée.
3- Le transfert des données à l’administration fiscale
Enfin, la PA transmet automatiquement à la DGFiP les informations liées à la facture et au paiement. Ce mécanisme inclut à la fois le e-invoicing (échange de factures électroniques entre professionnels) et le e-reporting (transmission des données fiscales pour toutes les transactions, y compris celles non couvertes par le e-invoicing).
Acteurs impliqués (PPF, PDP, OD)
Trois acteurs sont impliqués dans la réforme de la facturation électronique :
Le PPF (Portail Public de Facturation) : conçu à l’origine comme une plateforme centralisée et gratuite, le PPF devait permettre aux entreprises d’envoyer et de recevoir leurs factures électroniques sans passer par un logiciel privé. Bien qu’il ne soit plus utilisé pour les échanges B2B entre entreprises privées, il joue, depuis 2017, un rôle clé pour les transactions B2G (avec le secteur public). En effet, toutes les factures destinées aux administrations et aux organismes publics doivent passer par ce portail ;
Les PA (Plateformes Agréées) : anciennement appelées PDP pour Plateformes de Dématérialisation Partenaires, ces plateformes sont certifiées par l’État. Elles assurent la réception, la transmission et le suivi des factures électroniques entre entreprises, tout en envoyant automatiquement les données fiscales à la DGFiP ;
Les SC (Solutions Compatibles) : anciennement appelées OD pour Opérateurs de Dématérialisation, les SC sont des logiciels privés qui permettent aux entreprises de créer et d’émettre leurs factures électroniques. Bien qu’elles ne soient pas agréées directement par l’État, toutes leurs factures transitent obligatoirement par une PA pour garantir la conformité avec la réglementation.
Comprendre les flux de données
Le schéma en Y centralise les informations : la facture circule de l’émetteur au destinataire via une SC ou une PA, et les données nécessaires à l’administration fiscale sont simultanément transmises. Cela permet :
Un suivi automatisé et fiable de chaque facture ;
Une gestion optimisée de la TVA et des paiements ;
Une réduction des erreurs liées aux saisies manuelles ;
Une meilleure traçabilité et sécurité des échanges.
Résumé
En résumé, le système e-invoicing français repose sur une architecture précise : création via PA ou via SC, puis transmission à une PA si nécessaire, et envoi des données à la DGFiP. Comprendre le rôle de chaque acteur est indispensable pour réussir la transition et profiter pleinement des avantages de la facturation électronique.











